Coralie nous raconte ses deux accouchements en siège qui se sont très bien passés !

Le jour de l’accouchement, 4 à 5 % des bébés se présentent par le siège, c’est-à-dire qu’au lieu d’avoir la tête en bas, bébé est resté la tête en haut. Les mamans (comme moi) qui ont été confrontées à cette situation peuvent s’interroger sur le déroulement de leur futur accouchement. Coralie a tenu à partager avec nous le récit de ses deux accouchements par voie basse de deux filles en siège. Un récit très émouvant.


Bonjour, j’ai 23 ans et je suis maman de deux filles (juin 2014 et janvier 2016). Mes grossesses et accouchements en siège se sont très bien passés, je vais donc vous faire part de mon expérience.

-> MA PREMIÈRE GROSSESSE …

Après 7 mois d’attente, bébé vient faire son nid, nous sommes aux anges !

A l’échographie du premier trimestre, on nous annonce une fille, je suis heureuse ! On nous annonce également qu’il y a une bride dans le placenta, c’est une membrane passant au travers. Il se peut que notre fille naisse avec une cicatrice, comme une brûlure. Je suis donc suivie avec une échographie par mois. Finalement, ma fille n’a pas eu de traces dues à la bride placentaire.

A la deuxième échographie, on m’annonce un bébé en siège. Le gynécologue me parle de la manœuvre par version (retourner manuellement le bébé), il me dit qu’avec la bride très peu de chance qu’elle se retourne et que cela peut entraîner l’accouchement, donc nous refusons. Il me dit de surélever le bassin chaque jour, chose que je n’ai faite qu’une semaine. Je me suis fais une raison, si mon bébé s’est placé ainsi c’est qu’elle s’y sentait bien ou que quelque chose l’empêchait de se retourner.

Le gynécologue m’a prescrit une pelvimétrie afin d’évaluer les mesures du bassin pour voir si nous pouvions envisager la voie basse : une autoroute me dit le médecin !

A partir de ce moment là, je me sens très sereine, il m’a bien évidemment informé sur les risques qu’un accouchement voie basse par le siège comporte : risque plus élevé de césarienne d’urgence si la tête venait à coincée.

Il m’a également fortement recommandé la péridurale en cas de césarienne car si problème, cela se passerait sous anesthésie générale. Je ne pouvais pas m’imaginer ne pas vivre les premiers instants de vie de ma fille, j’ai donc accepté les recommandations. Il m’a aussi dit qu’il ne pratiquerait pas d’épisiotomie, s’il n’en voyait pas le besoin. Il ne pratique pas d’épisiotomie de prévention comme le font systématiquement certains gynécologues. Cependant il m’explique que l’on n’effectue pas un déclenchement sur un siège et si elle n’est pas sortie à la date prévue d’accouchement, ce sera une césarienne.

J’attends donc le jour J avec impatience, prévu le 27/06/2014.

-> L’ACCOUCHEMENT …

Voulant à tout prix éviter la césarienne, je réclame à mon gynécologue un décollement des membranes, qu’il accepte car col favorable à 1 doigt large. Je rentre à la maison.

Le lendemain, 5h du matin, les premières contractions se font sentir, je le sens, ce sont les contractions de travail ! Je suis très très sereine, j’ai confiance en moi et je me dis que tout se passera à merveille. Je descends finir mes faire-part, en attendant que le papa se réveille.

Les contractions sont régulières, toutes les 5 minutes, mais très gérable. Je dis au papa d’aller travailler, je le rappellerai si nécessaire. Je gère mes contractions seule, je déjeune, prend une douche et prépare les dernières affaires. Je rappelle le papa, contractions toutes les 3 minutes qui s’intensifient, il rentre. Nous arrivons à la maternité à 10h45, l’examen confirme le siège décomplété et le col est ouvert à 5 doigts, direction salle de naissance.

Ils m’expliquent qu’ils seront nombreux en salle de naissance : gynécologue, 3 sages-femmes, une pédiatre, un anesthésiste. Pose de la péridurale avec uniquement la dose test pour le moment d’un commun-accord.

Je gère mes contractions assise en balançant le bassin détaché à droite et je demande au papa d’arrêter de parler à chaque contraction car j’avais besoin de silence et de concentration pour me mettre dans ma bulle. Dilatée à 7, j’appuie sur la péridurale, la poche des eaux craque et là, j’ai mal ! La douleur s’intensifie, je demande pourquoi la péridurale ne me soulage pas : j’avais oublié qu’il n’y avait pas le produit ! Du coup ils l’injectent. Cette fois-ci elle fonctionne, je n’arrive plus à bouger mes jambes et je demande au papa de les remonter et les redescendre, je n’ai pas du tout aimé cette sensation ! Dilatée à 10, je sens que bébé n’est pas loin.

La règle d’un accouchement par le siège …

… est de laisser le bébé descendre le maximum par lui même et le gynécologue ne le manipule pas pour le sortir, à maman de faire le boulot ! J’appelle le gynécologue, il me dit qu’il voit déjà les fesses. On s’installe et je pousse une dizaine de minute sans difficulté.

On me pose la puce sur le ventre, l’émotion prends le dessus, je fond en larmes devant ma petite fille, qui pleure puis se calme instantanément en me regardant avec ses grands yeux. Elle va très très bien, ils ne lui ont fait aucun soin, ils ont pris ses mensurations : 2kg950 pour 49cm, et me l’ont mise en peau à peau et à la tétée pendant 3h. Elle est née à 39SA, le 13/06/2014 à 16h45.


-> DEUXIÈME GROSSESSE …

Après ce premier accouchement qui a été un bonheur absolu, nous souhaitions mettre notre second bébé en route, 7 mois après. Malheureusement, fausse couche… allez on se reprend malgré 2 jours de tristesse. Et 15 jours plus tard nous apprenons qu’un bébé s’est niché, la magie est toujours la même, je ne suis ni effrayée par la grossesse ni par l’accouchement, bien qu’un peu angoissée par la fausse couche.

A la première échographie, on nous annonce une fille, toujours très contente et pas déçue de ne pas avoir le choix du roi.
Cette fois-ci, on me diagnostique un utérus bicorne : C’est une malformation de l’utérus, qui au lieu d’avoir une forme triangulaire a une forme de cœur. Les risques sont : accouchement prématuré, fausses couches, et bébé en siège.

Nous avons enfin compris la raison, nous n’avions pas connaissance de cette malformation pendant la première grossesse.

Je continue ma grossesse et je suis bien plus sereine une fois le premier trimestre passé. Seconde échographie, bébé est en siège, je ne suis aucunement inquiète. Le papa pose la question de la version par manœuvre externe, bien que je n’ai pas en tête de l’effectuer. Le gynécologue dit que si nous voulions la faire nous pouvons essayer mais peu de chance qu’elle se retourne à cause de l’utérus et comme le passage est déjà fait par la première, pas de raison pour que ça ne passe pas cette fois-ci ! Nous la refusons donc.

La date prévue d’accouchement est le 17/01/2016, sauf qu’à 36SA, je suis prise de contractions, je pars à la maternité col ouvert à 2 larges, ils me gardent pour la nuit puis me renvoie à la maison.

-> L’ACCOUCHEMENT …

Le 1er janvier 2016, je ressens les premières contractions vers 9h30, j’attends le reveil de ma première fille qui a été décalé avec le réveillon, on la prépare et la dépose chez ma mère. Nous arrivons à la maternité, je suis dilatée à 2 doigts larges, du coup ils me gardent mais comme le travail va être long car contractions un peu irrégulières, je dis au papa de s’occuper de la grande et que je l’appellerai plus tard.

Je passe donc l’après-midi à la maternité, ma mère vient me rendre visite, le temps paraît un peu long et on ne sait toujours pas si j’accoucherais aujourd’hui. Je marche, je fais du ballon… A partir de 20h les contractions se font ressentir, ils me demandent si je veux la péridurale maintenant chose que je refuse car je n’avais pas envie de rester clouée au lit. Je dis au papa de coucher ma fille, et de dormir car la nuit va être longue pour lui.

A minuit je demande un contrôle, col à 5, ils m’installent en salle avec pose de la péridurale avec juste dose test comme la première car pas de douleurs. J’appelle le papa qui me rejoint, on me perce la poche des eaux à 8 de dilatation, et la douleur se décuple, la sage-femme me conseille d’injecter une dose de produit ce que j’accepte. Et 10 minutes après, je suis à dilatation complète, la sage-femme appelle l’équipe, qui devait être tout aussi nombreuse qu’à mon premier accouchement sauf qu’ils n’ont jamais eu le temps d’arriver.

Le gynécologue m’installe, les fesses sont déjà bien sorties. Je lui dis en plaisantant que je ne veux pas voir une paire de ciseau sauf pour le cordon ! En une poussée ma fille est sortie, la péridurale était bien mieux dosée car je pouvais bouger mes jambes et j’ai senti tout le passage. Elle est sortie en pleine forme et avec le même déroulement que la première : Peau à peau et pas de séparation à la naissance, elle était elle aussi très éveillée et l’émotion fut la même que pour notre première fille. Elle est née à 39SA+1, 3K120 pour 49cms, le 02/01/2016 à 4h05.


 

Si je peux vous donner un conseil, le premier est de choisir avec soin votre maternité ainsi que votre gynécologue, qu’il soit expérimenté dans ce type d’accouchement et qu’il se soucie du bien-être et des angoisses des mamans. De nombreux gynécologues n’osent pas s’y frotter et imposent des césariennes sans raison physiologique.
Et le second est d’avoir confiance en vous et en votre bébé, partez dans l’optique qu’il n’y a pas de raison pour que cela se passe mal, vous aborderez votre accouchement plus sereinement. Je reste persuadée que la psychologie peut jouer sur le déroulement d’un accouchement.

J’espère que mon récit permettra à certaines mamans d’être moins angoissées si votre bébé venait à se présenter par le siège et je suis ravie d’avoir pu vous faire partager mon expérience !

Coralie