Sa maladie le prive d’école, sa maman découvre l’école à la maison

L’école à la maison est pour beaucoup un choix. Mais pour d’autres, ce choix s’impose par la force des choses. Isolement, maladie sont autant de raisons qui peuvent amener certains parents à instruire leurs enfants à la maison.

Karine nous livre aujourd’hui son émouvant témoignage et nous parle du parcours de son petit Dimitri, qui se bat depuis la naissance contre sa pathologie et à qui on refuse l’entrée à l’école.

La pathologie de Dimitri

Dimitri, que tout le monde appelle Chocapic, est né avec une atrésie de l’oesophage (estomac non relié à l’estomac), une trachéo-broncomalacie severe (absence de cartilage dans la trachée), une CIA (malformation cardiaque) et une campodactlie. Autant dire que dès le début de sa vie, il a dû se battre comme un vrai petit champion.

Dimitri privé d’école

Nous savions que l’entrée à l’école devrait être encadré par un PMI mais jamais nous n’avions imaginé qu’il ne puisse pas y aller.

Et à l’hiver 2015-2016, sa pneumopédiatre nous a expliqué qu’il était préférable de différer son entrée à l’école (car depuis sa naissance, il est en éviction de collectivité, donc pas habitué aux microbes).

Un vrai choc pour nous, comme si la maladie s’en prenait une nouvelle fois à Dimitri, le privant d’école.

Le choix qui s’impose : L’Instruction en famille

J’ai donc téléphoné à la directrice d’école pour annuler son inscription (elle était aux anges car elle aussi trouvait que c’était trop tôt de le mettre en PS).

Elle a accepté de nous rencontrer avec mon mari afin de me lister ce qu’il devait apprendre en maternelle. C’est ainsi qu’à commencé l’histoire de l’instruction en famille.

Le début d’une magnifique expérience

En septembre, j’ai donc commencé à lui faire l’école. Au début c’était un peu fouillis, le temps de trouver mes marques.

On a commencé à travailler sur des lettres d’activités de très petite section pour voir son niveau et quelques bricolages. Et au fur et à mesure, j’ai trouvé la bonne organisation.

Il y a un thème par semaine et tout les exercices ont plus ou moins un rapport avec le thème. Et j’essaye à chaque fois d’avoir des exercices de numération, apprentissage de la langue, musique, bricolage, forme et grandeur, découverte de l’espace…

Je trouve principalement mes exercices sur les blogs des maîtresses d’école et les bricolages sur pinterest. Et dans la mesure du possible, le week-end on fait une sortie en rapport avec le thème.

Je rajoute aussi des jeux éducatifs, des activités de motricité fine et atelier cuisine. Dans la pratique, j’essaye de faire les exercices sur table le matin mais sans que ça soit une contrainte.

S’il est fatigué, qu’il a des soins médicaux, je repporte à l’après-midi. Le but est de m’adapter au moment où il est le plus attentif. De même que si j’ai prévu bricolage l’après-midi et qu’il fait beau temps, on va dehors car il y a beaucoup à découvrir.

Les avantages de l’IEF pour Dimitri

Le fait de lui faire l’école moi-même permet de m’adapter à ses envies et d’éviter les blocages. En début d’année, il était complétement bloqué sur les couleurs, donc on a mis de côté cet apprentissage. Et d’un coup, fin septembre, il a trouvé ça intéressant et en une semaine, il les connaissait toutes.

Je peux aussi plus facilement m’adapter à son niveau. Par exemple, je vois souvent des puzzles d’une dizaine de pièces sur les sites internet mais Dimitri fait déjà des 49 pièces. Donc je suis son rythme.

Nous faisons assez peu d’exercices sur table (environ 45 minutes par jour), mais je profite de tous les moments de la vie quotidienne pour lui apprendre (compter les oeufs pour le gâteau…).

Quand l’école à la maison devient une évidence

Au final, je ne regrette en rien cette magnifique expérience. On profite de lui un maximum. Je suis là pour l’aider et l’encourager. Et son petit frère de 15 mois, en profite aussi.

On pense d’ailleurs à faire l’école à la maison à son petit frère au moment venu.

Le seul gros point négatif, c’est qu’il aurait dû être en bilingue français/allemand. Hors, je ne parle pas allemand. Donc je lui fait regarder des dessins animés en allemand.